Parfums de Mémoire
23-03-2009

 Cette plongée dans son être écorche sensiblement les oreilles de son histoire personnelle, trop linéaire. Il laissera beaucoup de lui-même et n'en sortira pas indemne. A jamais. Il sait surtout qu'il touche là une sorte de palpitation du réel, du vrai, du sincère, qu'il n'a certainement jamais éprouvée jusqu'à ce jour. Il n'y a rien d'imaginé. Une fois de plus, tout est réel, frais, sincère, vrai. Il ne peut s'empêcher de penser qu'il est en train d'adorer ce gros rocher ordinaire, à peine plane, posté là, devant lui, et servant de plancje à lessiver, cette feuille de bananier sublime qu dévore amoureusement la petite chèvre, attachée et isolée, devant un abri sommaire en feuille de vacoa, ce petit enfant fortement enrhumé, suspendu à un sein de sa vieille maman aux cheveux très blancs, celle-ci les pieds dans une mare de boue asséchée, ces déplacements, en bande, de la vingtaine de personnes ne comprenant pas trop ce qu'il leur arrive. Et ce qu'il lui arrive aussi d'ailleurs, à Soubaya. Il revoit ici en Inde, en terre inconnue, des tranches de son enfance. La théorie de la réminiscence se concrétise. Il ne découvre rien. Il ne fait que se souvenir. Il aime et se met à haïr ces béances creusées dans sa personne par la modernité, par la civilisation, par les nécessaires mutations. Tout simplement de l'obsolescence provoquée, révoltante. C'est douloureux, mais lui convient tellement. Ca le soulage. L'Inde le replonge, pour un moment du moins, dans les sous-bois insouciants de son enfance.

Bon de commande.