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A la Réunion, comme ailleurs, l'humain retient les parfums de la terre qui le met au monde. Il en est tellement imprégné que ses relations avec elles sont quasiment maternelles. Il ne sait pourquoi, il ne se l'explique pas, il l'aime. Comme sa mère !
Une pratique, dans ce petit bout de terre de l'Océan Indien, consistait, au moment de l'accouchement, à rendre au sol, le cordon ombilical et le placenta, qui ont nourri et porté l'enfant, pendant tant de mois. Même si la pratique a aujourd'hui disparu, presque la totalité des Réunionnais connaissent le lieu où la antèr son zonbri, le lieu où son nombril a été mis en terre et en sont profondément attachés. Chacun possède donc, presque malgré lui, son "zonbri" d'hier, son zonbriyèr. Petit jeu de mots sans prétention, vers un mot de la langue française, "ombrière" qui désigne un abri, un parasol, une protection, contre toutes les ardeurs destructrices, contre les brûlures indélébiles. Curieusement ce paravent laisse passer suffisamment de lumière pour préserver du dépérissement les belles plantes que la vie peut offrir. |